L’arrivée au Bief, le début de l’aventure…

Hello à tous,

Je profite de ce moment d’accalmie pour tenter de faire le point parmi l’immensité des choses vécues, et l’insondable profondeur des choses à venir… et comme ma phrase précédente l’indique en partie, ce n’est pas forcément simple :o)

Heureusement la chanson qui me berce doucement en ce moment, mercredi 20 février 22h56 (c’est un titre de « kris arnaud », d’après ce que j’ai cru entendre du coin de l’oreille, je ne suis pas sûr d’avoir bien entendu le nom du chanteur, mais sa chanson était sympathique) me laisse plein d’espoir et de sérénité pour les temps à venir. Une seule inquiétude pour l’instant, pouvoir accueillir sainement le reste du clan, Roxane, Virgile et Darius…

Mais où en sommes nous exactement ? Que s’est-il passé ces derniers jours au fait ? Le sais je moi même vraiment ? :o) Il y a tant à dire…


Ces derniers jours ont commencé il y a plusieurs semaines déjà, et je ne raconterai pas ici tous les détails. En tout cas, il y avait des cartons… pleins de cartons… 296 sur mon carnet_magique_que_si_je_le_perds_nous_sommes_cuits. 296 ! Je ne regrette pas d’utiliser du scotch papier kraft et non pas plastique, car on en a dévidé des rouleaux :o)
En plus des meubles, de matériel divers, et de diversitudes variées, il n’en fallut pas moins d’un camion, de sa remorque (84 m3 en tout), d’une mauvaise estimation d’un commercial mal embouché et de mauvaise foi, du grand savoir faire d’une équipe technique irréprochable (et là je suis sérieux, les déménageurs-chauffeurs ont tous, intérimaires compris, assuré comme des bêtes), et la sage attitude d’un gestionnaire de planning philosophe et efficace pour devoir laisser sur le terrain une petite dizaine de mètre cube d’objets divers mais non vitaux.
Mais on nous promet un rapatriement du reste de nos affaires dans les semaines qui viennent, on ne s’en fait donc pas, et comme on a payé que 95% du déménagement, je ne sais pas, mais je pense qu’ils vont tenir parole :o)
En tout cas, ce fût un grand déménagement, pour tous. Et si en plus de ces emballages s’est ajoutée l’organisation des travaux de rénovations de la maison de Strasbourg, nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous même, et à de sombres histoires fiscales bien entendu. Rénovation de façade, réfection de la terrasse extérieure, peintures intérieures, installation d’une VMC 1, et remplacement de la laine de verre qui étaient posés au sol des combles par 35 cm de ouate de cellulose étaient au programme ces derniers jours précédents le lundi 18 février. Bref, quelques broutilles quoi :o) Les journées de jeudi et de vendredi ont été tellement terrible, qu’elles ont carrément presque éliminé toutes les autres, en ce qui me concerne en tout cas. Le mercredi et le jeudi furent consacrés avec une partie du dimanche à l’installation de la VMC (perçage… euh, carottage du plafond (dalle en béton) pour faire passer les tuyaux d’aspiration. Je passe les détails, mais heureusement que j’avais un loueur de matériel compréhensif, des anciens collègues de boulot prêteurs et confiant, des mains abimées d’un travail manuel inhabituel.
………………………… PAUSE.
… bon allons un peu plus loin dans l’histoire en fait, car sinon, on va jamais y arriver :o) …

Voilà, c’est le départ (le 18 février), et après moultes détours, je suis arrivé en vue de cette tour qui m »est déjà si familière. Et pourtant, nous ne sommes venus que 2 fois… mais là je suis sans mon petit clan qui me manque, jusqu’à vendredi en tout cas. Tout seul comme un grand.

Depuis, le temps passe plutôt vite…
– arrivee dans la nuit
– froid
– lampe de poche sans piles, à secouer. j’ai l’air malin dans la nuit. Le pervers à la lampe. Il venait de s’installer dans la région.
– lampe dehors a moitié hs
– voiture à décharger
– premier voisin surpris, un rongeur de la taille d’un petit rat, il retentera plusieurs passages
– l’air est frais, incisif, froid
– coup de fil a Roxane. je suis bien arrivé.
– phares qui faiblissent. zut les phares.
– plus de batteries, foutu le repas du soir au resto. bien fait de prendre un sandw… un truc sur la route.
– le ciel est beau, la maison noire et silencieuse.
– clefs sous le paillasson, la porte s’ouvre sur la cuisine noire.
– le vent est froid et heureux d’être libre, l’air de la maison heureux de sortir.
– installation de la caisse du chat, nourriture et eau, libération, découverte.
– je fais le tour du terrain, pas de bois pour le feu, je secoue la lampe de poche dans la nuit. Il sévit encore.
– je refais plusieurs fois le tour du terrain, c’est une nuit claire, sans nuage, froide, lumineuse.
– Un oeil qui bouge. Une vache. on fait un peu moins le malin quand même…
– Deux troncs de sapin sec, une scie dans les cartons de la voiture, c’est parti. Ca réchauffe.
– le feu. le foyer. le bruit. la maison se réveille. elle hume, respire les nouveaux venus.
– du sang par terre. des traces de pas dans le sang. Direction le couloir du bas, qui mène à la porte de la chaudière.
– ça tombe bien les radiateurs sont froids
– deux feuilles de journeaux au sol. rouges. humides.
– tiens, des graines dessus. mort au rat disent-elles. cochonneries. l’hémorragie ne laisse aucune chance.
– le chat, les graines. un balai, pas de poubelles sous la main, pas de lumières dans la cuisine. le feu. terrain nettoyé. a quel prix ? finis les raticides en tout cas.
– direction la chaudière. mettre le chauffage, priorité numéro un, chauffer les murs de cette maison en pierre.
– lumière. Un petit rongeur, un jumeau de celui de dehors s’enfuit. faudra quand même changer certaines habitudes de certains petits hôtes. A noter.
– la chaudière marche. le niveau de fuel après un après-midi de route et une émotion importante me semble faible mais permet en tout cas à la chaudière de s’allumer
– pas de repas, pas de matelas. oublié tout ça. heureusement il y a la couverture. Mon sac de couchage, mon oreiller. ma veste fourree. chaussettes enlevées mais habits gardés. et le feu.
– cette nuit dans le salon, sur le carrelage froid. glacé. loin du feu surélevé. loin des miens.
– la maison glougloute, elle fait ses ablutions. se réveille. les radiateurs sont tièdes. la nuit est froide.
– le feu crépite. les radiateurs gouttent en leur for intérieur. des bruits de métal dans les conduites qui claquent. la maison continue sa vie avec ces nouveaux hôtes.
– le chat ronronne. nénèsse est toujours la plus forte.
– et si ces rats revenaient chercher ces petites graines au goût si suave ?
– vivement demain quand même.
– 5h. qu’est ce qui me réveille… le froid. plus de feu. fatigué, ça ira mieux demain.
– réveil impatient. le café coule et pendant ce temps. tour tant attendu du propriétaire. Enfin. C’est un moment important. Pas tant qu’on ne sera pas tous là, mais quand même.
– Je fais le périmètre de la propriété. C’est vraiment immense. Géant. Je suis tout petit. La tâche est immense. Chouette. Vivement que tout le monde soit là.
– L’étang est beau. Il est très grand. Plus que sur les photos. 56 ares, ça fait une belle surface de liquide :o)
– Les arbres sont beaux. L’herbe st belle. L »air sent bon. La lumière est belle à cette heure matinale. Les paysages et certains points de vue sont très beaux.
– Je n’ai pas peur. Je suis même heureux. Vivement qu’ils voient ça.
– Retour à la maison. Il est temps de passer au programme du jour J-1, nettoyer les stabulations 2 où nous voulons déposer pleins de cartons et des meubles et choses diverses. La maison d’habitation doit être le plus vide possible (y arrivera t-on? :o) ) pour ses travaux à venir.
– Mon sauveur et ami de encore et toujours me rejoindra avec la spécialiste du 118008 de son cœur (afin de préserver leur identité et intimité, je masque ainsi par cette description en private joke leur prénom que je ne peux dévoiler sans leur accord explicite.) et grâce à ces deux héros strasbourgeois, vont pouvoir démarrer les premiers soins à apporter à la propriété afin de la remettre sur les genoux, stade indispensable dans son état pour pouvoir être remise sur pieds ensuite.
– hmmm… merci pour les croissants;
– le nettoyage des stabulations se fait à l’ancienne, à la brouette. L’utilisation d’un Kärsher me permettra d’épousseter les plafonds sans dépenser trop d’eau ni d’efforts.
– même si pour pouvoir utiliser cet appareil, cela aura nécessité la remise en route d’une portion des canalisations qui n’étaient plus utilisées sans fuites depuis fort longtemps. Merci aux talents de plombier d’un certain Stéphane…
– plus de fuel. plus de chauffage. pas d’électricité à la cave.
– La salle technique qui jouxte la cuisine et qui contient les entrées-sorties d’eau pour les machines est atteinte de saleté-humido-froido-champignonite aiguë. pas de machine à laver le linge pour tout de suite.
– chouette, une cuisine équipé. four. machine à laver la vaisselle (pas testé encore), frigo (comme je me plais à le dire, si nous étions dans une bd, un nuage vert serait sorti de ce dernier à l’ouverture de la porte.) pas trop sale, mais qui a besoin d’air. des placards. tout est très sale.
– en tout cas, pas trop de camping en vue grâce à cette cuisine (3 brûleurs gaz un électrique) – plaque à changer, trop dangereux de s’en servir en l’état.
– appel à plusieurs livreurs de fuel locaux. le plus rapide l’emporte. livraison dans 2 heures :o). faut bien finir l’hiver avec cette chaudière. mini livraison.
– on rallume ma voiture. Enfin, on la rallume pour moi. Il suffisait de la faire rouler dans la pente et elle démarre de suite. hmm, le resto d’hier soir.
– pas facile de trouver un resto hors saison sans trop connaitre. Ca sera pizzeria pour ce soir. Escalope milanaise immigrée de Vienne car livrée sans sauce tomate. bonjour le resto italien. :o) en tout cas, je dévore.
– retour maison. Mes deux amis dormiront ailleurs, trop froid ici. normal. tout est glacé. même les radiateurs.
– une nuit plus douce quand même. Le feu. Un matelas gonflable prêté qui me ramène à hauteur de cheminée.
– au réveil, je me sens en meilleure forme, plus reposé.

Ca tombe bien car le jour J ne sera pas trop triste non plus.

Arrivée le matin du camion des déménageurs, nous sommes le 20 février, ils sont 2. Arrivée de 2 intérimaires. Un petit café, et hop, c’est parti. La matinée passe vite. La maison se remplit doucement. L’après-midi sera dédié au remplissage du bâtiment annexe. Et hop, les voilà reparti. Dingue, ça tient en 2 lignes :o)

Bon, en fait, je résume un peu car sinon on y sera encore demain, et en plus si déjà vous lisez ces lignes jusqu’ici c’est déjà un miracle :o)

Le lendemain sera dédié à la venue en urgence d’un plombier-chauffagiste (qui restera une journée en tout) et de son équipe pour remettre sur pied la chaudière et les chauffages qui ne marchaient quasiment pas (d’où le froid), d’un démarchage pour trouver un ramoneur (qui viendra le vendredi en fait), du bois pour la cheminée (qui sera livré le dimanche), de france telecom pour avoir une nouvelle ligne, d’un peu de plomberie pour rammener l’eau à la stabulation, de nettoyage et de bricolages divers pour permettre l’arrivée de Roxane et des enfants le vendredi.

Il est difficile de réellement se rendre compte du temps que tout cela prend, de la pression pour que tout soit plus ou moins prêt à temps pour les enfants, et de cette multitude de choses à penser en même temps. Mon calepin sera encore une fois un outil précieux pour noter tout ce que je vois. En fait, je passe pas mal de temps au téléphone, avec Roxane, un artisan ou un administratif quelconque :o)

Le terrain et la propriété sont tout simplement magnifiques et même si la liste des choses à y faire est énorme, je trouve cela plutôt motivant et c’est avec plaisir que je me dis qu’on en a pour un bout de temps pour remettre tout cela sur pied.

A chaque course, chaque déplacement, je trouve des gens toujours souriant, calmes et aimables, sympa et plutôt ouverts. La météo est avec nous car ce soleil donne un petit air de vacances à l’ensemble, ce n’est pas désagréable.

Vendredi. Arrivée de Roxane et des enfants.
Les meubles de la cuisine ne sont toujours que partiellement nettoyés, toujours pas de lumière au plafond dans la cuisine non plus. (pas de courant dans la prise). Pas de jus à la cave non plus. Tous mes objectifs ne sont pas remplis. Mais la maison se réchauffe, et il y a de quoi manger pour le soir même.
Je vais chercher la famille à la gare de Lyon et tout le monde est de retour pour la nuit.
Le lendemain sera dédié à la découverte des lieux.

Une poule, trois vaches et un lapin sont nos résidents permanents pour l’instant, tous appartiennent à l’ancien propriétaire, mais il n’avait pas réussi à les attraper, sauf les vaches mais il les laisse pour l’instant.

Dépollution du terrain, il y a du plastique, du métal et du verre un peu partout. Tout le monde s’y met. Les enfants sont beaucoup dehors et tout le monde est bien crevé. Les dernières semaines et l’air de la campagne n’y sont pas pour rien…

Et comme vous avez tout lu jusqu’ici, vous avez même droit à une belle galerie photo, les première photos :o)

  1. : Ventilation Mécanique Contrôlée, un système sympa dont le principe est d’inspirer l’air des pièces cuisine, salle de bain et WC et de le recracher au dehors. De l’air neuf étant aspiré par des entrées d’air fixées dans les pièces de vie (chambre, salon, bureau, salle à manger). La ventilation installée, pour ceux que ça intéresse est une ventilation de la marque Bahia, modèle Hygro B micro-watt, ce dernier terme illustrant la micro-consommation électrique de la ventilation. Avantage, bon équilibre hygrologique dans la maison (plus de soucis d’humidité dûs à une sur-isolation des fenêtres au hasard), renouvelement de l’air du logement, moins de polluants donc, air plus sain, et économies d’énergies pour les locataires car un air sain apporte un meilleur confort thermique et permet l’utilisation d’un choix de température plus douce.
  2. : http://fr.wikipedia.org/wiki/Stabulation

6 réponses sur “L’arrivée au Bief, le début de l’aventure…”

  1. Hey!

    Wouahouououhh!!!! Punaise, tu parlais d’aventure pour notre auto-construction, mais là c’est pas mal non plus. Chapeau les amis, nous on a essayé la rénovation dans une vieille maison et on a pas réussi. Plein de bonnes choses….
    Je continue la lecture du blog, à plus sur un autre post.
    Bises

  2. Je vais essayer de me reprendre, car je me rends compte que mes propos pourraient être mal interprétés. Ce n’est pas la rénovation que j’estime impossible mais bien moi qui m’en sentais complètement incapable. Loin de moi l’envie de vous décourager, bien au contraire, foncez, l’action fait vivre!!!!
    Rebises

  3. Salut Sylvain !
    heureux de te voir par ici :o) et j’espère vous y voir un jour pour de vrai…
    heureux de voir aussi que tu prends le blog par le début, c’est une bonne méthode. Pour l’instant, comme tu pourras le remarquer, on rénove pas grand chose tu sais, on s’est contenté d’observer, et maintenant on est en train d’organiser toute l’équipe qui va travailler sur le gros chantier qui nous attend en 2009, la réhabilitation des stabulations (le bâtiment avec la tour :o) ).
    A+
    Tonio

    1. Salut Maïté !
      Toujours un plaisir de te voir par ici !
      J’espère bien d’ailleurs qu’un jour ce sera pour de vrai ici ^_^

      En attendant, je pense souvent à vous par ici, me demande ce que serait la vie si nous étions tjs à Strasbourg, et au vu de ce que je vois ou entends quand je viens vous rendre visite dans votre antre climatisée, ne regrette pas mon coin de verdure ^_^

      Gros bisous tout plein, et embrasse aussi Sandra et Agathe pour moi !

      A bientôt,

      Antoine

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