L’énergie, oh la crise !

affiche-mortainEn ces temps verglacés, rien de tel que de jolis dérapages médiatiques pour nous faire oublier l’essentiel.

En effet, je ne peux m’empêcher de réagir face à cette vaste farce désinformatrice qui consiste à nous dire d’une part de moins consommer d’électricité, qu’il va falloir mieux chauffer les pelouses des stades de dieu le foot (mieux chauffer l’herbe alors qu’on crève de froid devant le stade et au Bief…), et surtout, surtout, de continuer à croire au mirage du nucléaire !

Oui, je sais, ça sent le post engagé :mrgreen:

Mais comment ne pas l’être, engagé, lorsque que l’on n’entend pas l’essentiel sur les diverses sources d’informations usuelles (radio, télé, …). Quelqun dira t-il clairement et simplement que nos nombreuses centrales nucléaires ne servent à rien face à ces pics de consommation ? Nous cite t-on aussi en ces temps de pollutions en particules le nombre de centrales thermiques mises en route en europe pour fabriquer de l’électricité ?
Que de risques avec ces fichues centrales pour pas grand chose !!!

Tout ce qu’on retiendra de cette crise de grand froid, c’est que les matchs de foot n’ont pas pu se jouer correctement et qu’il faudra mieux chauffer les pelouses à l’avenir. Mais il ne faut pas se leurrer, les guerres des énergies ont déjà bien lieu, et bientôt, il faudra bien sortir la tête du trou. Les guerres de l’eau ont déjà lieu sur le continent africain où des pays se disputent à coup de mortiers des rivages, des pays livrent en eaux des pays dépendant, on déssale l’eau de mer avec des centrales (nucléaires parfois de surcroît). On arrache des millions de m3 à la mer pour arroser ces tomates qu’on bouffe en hiver. . Les conflits gaziers ne sont plus très loin, même si pour l’instant ce n’est pas trop une question de ressources. Concernant les guerres du pétrole, je pense que tout le monde est plus ou moins au courant. Et enfin, Areva a beau racler le fond des mines du Niger en saignant le pays à blanc, l’uranium va bien finir par manquer aussi. Et ensuite ?

On ne devrait pas avoir de guerres des marées, du vent ou du soleil, ces ressources étant renouvelables et plus ou moins infinie, alors pourquoi ne pas plus investir la dedans ? Cela ne répondrait pas à la demande ? possible en l’état, mais en y associant une démarche anti-gaspi, tout est possible. Ne pas y croire, c’est comme de dire que le bio ne pourrait pas nourrir toute la planète. Foutaise. Il suffirait de moins gâcher la nourriture, de moins la donner au bovins/ovins/moteurs et tout serait encore possible.

Souvent je me dis que tout ce qui se passe dans le monde est bien horrible, et que, heureusement, des gens se battent pour éviter le pire. On se bat contre la guerre, pour les droits civiques, pour des droits sociaux etc… Mais au dessus de nos têtes plane une épée de Damoclès qui peut en un instant réduire tout cela à néant. Un seul, oui, un seul accident dans une centrale nucléaire en France, en Europe ou dans le monde, et c’est la fin de la societé telle que nous tentons de la maintenir.

Ceux qui se sont informés sur l’accident qui a eu lieu à Tchernobyl ont conscience que cet accident est encore en cours ! le sarcophage de béton qui entoure la centrale est dans un état lamentable au vu de ce qu’il contient encore. En effet, sous ce béton, c’est brûlant. Et pour encore quelques milliers d’années… des milliers d’années ! pas 80 ans ou 267 non, des MILLIERS ! Juste un réacteur, d’une centrale et c’est parti pour des milliers d’années. Ca ne fait que 23 ans maintenant, et pourtant, la contamination est encore bien en cours. On meurt encore chaque jour aujourd’hui à cause de l’accident encore en cours à la centrale de Tchernobyl. Un seul réacteur.

En France, il y a 58 réacteurs ! Et dans les pays limitrophes, c’est pas mieux.

Que va t-on en faire ? On ne sait même pas les démonter correctement ! et pire encore, une bande d’enragés veut en disséminer encore plus et des plus puissant encore. Alors que tout cela ne répond même pas à la demande !!!!

La russie parle de construire une centrale sur la mer au pôle nord (tant qu’à faire, autant frapper au coeur), ce n’est qu’un projet, mais il y a des gens qui réfléchissent à cela. On aura l’air malin dans x années avec un climat qui déconne quand s’abattront de violentes tempêtes sur cette zone pourtant classée calme aujourd’hui. On tente de construire un EPR (réacteur nucléaire nouvelle génération, on ne maitrise pas la première mais faut vite passer à la seconde) à Flamanville. Je dis bien on tente car EDF est bien embêté avec ce chantier, tant mieux. Bref, on ne manque pas de projets pharaoniques et inutiles.

Oui, souvent, j’y pense. Et je me dis, on peut faire n’importe quoi, si un seul accident survient, tout est fichu. Je pourrais planter tous les arbres que je pourrais, recycler tout ce que je peux, composter comme un fou, éduquer mes enfants dans le respect du monde qui les entoure, mais rien n’y changera quand surviendra un accident. On aura l’air malin avec nos pilules d’iode en se grattant nos crânes nus.

Et le tout dans la désinformation la plus méprisante possible. Qui d’entre vous saurait dire ici combien d’accidents nucléaires ont eu lieu l’année 2008 ? même les ONG les plus informées ne savent pas tout, loin de là. Je vos propose ici la page du sommaire du dernier numéro de la revue de l’indispensable réseau d’associations Sortir du Nucléaire, qui cite quelques uns de ces accidents. Non pas que cela change quelque chose, mais au moins, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.


Téléchargement Accidents nucléaires en Europe en 2008

Pour info, cette revue est entièrement téléchargeable tous les mois sur leur site, gratuitement ! N’hésitez pas à vous informer sur le nucléaire, c’est incroyable ce qu’on ne sait pas.

J’ai lu en partie le terrifiant mais passionnant livre Le Crime de Tchernobyl : Le goulag nucléaire, et quand je repense à tous ces politiciens, industriels et autres humains tout pourri qui ont caché tant de choses sciemment, ça me donne franchement envie de pleurer. Et le pire, c’est qu’aucune leçon n’a été retenue de Tchernobyl, ou presque, et qu’encore aujourd’hui, seulement plus de vingt ans après, c’est le même discours, « ne vous inquiétez pas, continuez à consommer comme si de rien n’était, tout va bien, tout est sous contrôle ». Ayez confiance et… euh… ayez confiance.

Et pourtant, nous avons là une énergie dangereuse, hyper polluante non seulement en terme d’extraction (scandales miniers au Niger, en terme d’utilisation (fuites, eau contaminée (!), …) et aussi en terme de déchets, puisqu’on ne sait même pas quoi en faire. Alors on fait comme dans les Barbapapa, on enterre, et hop, c’est propre ! Un seul accident grave, et tout ce qui a été construit jusqu’alors sera complètement foutu. Cf l’accident en Allemagne en 2008 (découverte des fuites des déchets radioactifs dans les anciennes mines de sel). C’est ça qui me mine le plus en fait, c’est qu’en un instant, un seul pépin, et toute notre société s’écroule, et nous et surtout nos enfants avec.

Un seul pépin. Rien qu’une toute petite fois. plif.

Et en plus, cette fichue énergie est non seulement très chère environnementalement à produire, mais en plus, elle ne répond même pas à notre demande :
info récuperé ici
Le fait est que les centrales nucléaires ne sont pas du tout adaptées aux variations de puissance, elles fournissent une puissance constante… quelle que soit la demande en électricité. Comme EDF continue de promouvoir le chauffage électrique, on note le recours de plus en plus important à des centrales thermiques. D’ailleurs, dans son Rapport d’information n° 357 de juin 2007, le Sénat constate que « la France, pour assurer sa sécurité d’approvisionnement, doit consolider ses moyens de pointe. En effet, le parc de production dispose de surcapacités en base autorisant des exportations d’électricité mais semble insuffisant pour assurer la pointe ».

Résultat, comme l’ont récemment reconnu le RTE (Réseau de Transport de l’Electricité) et l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), l’utilisation du chauffage électrique entraine de fortes émissions de co2 qui, même si elles ont lieu en Allemagne, devraient être attribuées à la France et même au nucléaire français.

Ces données disqualifient de fait la réponse « de bon sens » qui nous est parfois faite, c’est à dire… augmenter le nombre de réacteurs nucléaires : cela ne répondrait en rien au problème de la consommation de pointe. De toute façon, il serait techniquement dangereux et financièrement suicidaire pour EDF d’utiliser des réacteurs nucléaires seulement pour couvrir les pointes de consommation, et de les laisser à l’arrêt le reste du temps. Voilà la France bien handicapée, face à de fortes chutes de température, avec ses 58 réacteurs nucléaires incapables d’alimenter des millions de chauffages électriques.

De fait, depuis 5 ans, c’est l’Allemagne qui est exportatrice nette d’électricité vers la France (*), et non l’inverse comme le prétendent ceux qui, par ignorance ou mauvaise foi, clament que l’Allemagne sortirait du nucléaire… en important l’électricité nucléaire française. Certes, la question de la lutte contre le réchauffement climatique reste entière, mais il est important de comprendre que la « solution » nucléaire n’est pas seulement dangereuse, elle est aussi totalement inefficace et aggrave même la situation.

… fin de citation.

Il y a 58 réacteurs en France, la plupart désuets, même si toujours fonctionnels, voire pire, tout simplement en fonction. Il y en a dans tous les pays voisins. On en construit même des nouvelles (heureusement, les chantiers peinent à avancer tellement ils absorbent des frais et rejettent des ennuis alors qu’ils ne sont même pas terminé)

Les soubresauts gaziers actuels et le manque d’information sur ce qui se passe démontre encore une fois que l’on ne joue pas franc jeu avec nous. Rien de surprenant, mais quand vous entendez le responsable GDF dire « Pas de soucis on a aucun soucis de provisions » et 48h plus tard annoncer que même la france subit des soucis d’approvisionnement et qu’il n’y en a plus que pour 70j. Et après ces 70 ou 80j, il se passe quoi exactement ? On fera quoi dans x années si le robinet est coupé plus longtemps ? Bref, vite fait, vite oublié, on passe à la case suivante et n’essayons plus d’y penser.

Heureusement, la France est à peine touché, que le litige s’essoufle, et ce n’est pas encore pour maintenant que se déroulera la guerre du gaz. Quoique, le litige n’est pas encore clos aujourd’hui…

De toute façon, cela n’enlève en rien l’épine du nucléaire. Quand en France prendra t-on réellement conscience des dangers de cette technologie ? Ou quand les communiquera t-on tout court à la population ?
Un accident n’est pas possible dit-on, du moins celui de tchernobyl. Oui, mais les autres. Et de plus, par définition, un accident est justement quelque chose que l’on ne peut pas prévoir, non ?

Pendant la canicule de 2003, nous habitions donc encore strasbourg, je me souviens encore très bien de la haute technologie utilisée pour refroidir les cheminée de la centrale de Fessenheim (la top du top en matière de sécurité vu son jeune âge, vive le Botox, c’est que ça protège de tout l’atome, même du bon sens). Elles étaient arrosées par des tuyaux d’eau froide. Des milliers, millions de m3 d’eau pour refroidir des cheminées sous peine de voir tout le système capoter. Et quand il n’y aura plus assez d’eau ? Parce que, évidemment, l’eau chauffée était rejetée dans le cours d’eau, et l’écosystème, ou ce qu’il en reste aux abord d’une centrale, a beaucoup apprécié cela en plus du reste qu’il se prend déjà dans la tête.

Bref, je m’éloigne de mes pensées originelles alors que je voulais simplement souligner le fait que notre société toute entière reposait surtout sur une inconnue de taille, qu’arrivera t-il lors du prochain accident nucléaire, car il arrivera bien un jour, mais où ?

Quelles sont les solutions alors pour tenter d’éviter l’inévitable… Au niveau gouvernemental, facile, il suffit de Sortir du Nucléaire :o) Il existe pleins d’études qui montrent que c’est faisable, relativement facilement. D’ailleurs, certains pays voisins ont entamé de telles démarches. On peut souligner qu’en Espagne, qui a prit la courageuse décision de sortir du nucléaire, la solution choisie a été la solution lente, puisqu’il est dit que cette sortie sera effective en 2028 ! De fait, les investissements s’effondrent, puisque de toute façon en 2028 c’est fini. Le gros soucis, c’est que ces sous en moins ont un impact direct sur le budget lié aux investissements sur les centrales en activité et les risques liés à la sécurité augmentent très dangereusement (incendie en Août 2008 dans une salle machine dans une centrale espagnole par exemple. Quoi ? on ne vous avais rien dit ? ). Donc, en terme de sortie du nucléaire, une sortie plus rapide est peut-être préférable. Surtout plus préférable qu’un accident.

Et vous, à votre niveau ? rien de plus facile, en premier lieu, QUITTEZ EDF !!!! Un petit tour chez un fournisseur comme Enercoop, et vous aurez en quelques clicks fait ce que trop peu de citoyens ont déjà fait, dire NON au nucléaire. Il sera bien assez temps de résoudre le reste des soucis quand on saura qu’on est à l’abri du nucléaire.

Au Bief, nous sommes depuis le début chez Enercoop, aucun soucis, au contraire, un grand bien être. La sensation d’avoir au moins tenté un peu quelque chose via ce biais là.

Bon, je me suis un peu perdu dans cet article, je le rumine depuis trop longtemps pour être encore cohérent aujourd’hui. Une chose est sûre, c’est qu’il est vrai que les parcs d’éoliennes, c’est pas forcément très joli. Finies les éoliennes de moins de 100m, actuellement elles en font 120m environs, et les suivantes iront jusqu’à 140m, la hauteur de la cathédrale de Strasbourg presque ! Alors on aime ou on aime pas, mais en tout cas, contrairement à des centrales nucléaires, elles se démontent rapidement, et il ne faut pas quelques dizaines de milliers d’années pour que le site soit décontaminé. Alors, en attendant de trouver mieux et plus performant, pourquoi ne pas utiliser ces technologies là, associées aux autres bien sûr (solaire photovoltaïque, hydraulique, énergie marémotrice, des vagues, de l’air, des gaz de tout quoi…). Certes, elles ne sont pas toutes exemptes de défaut, mais elles sont sans risques pour l’humanité toute entière au contraire du d’un seul réacteur nucléaire !

Alors, c’est quoi aujourd’hui une bonne année ? et pourquoi donc ce fichu « ? » ? :o)
Il fallait lire beaucoup pour arriver à cette toute petite réponse … Encore une déception du nucléaire… ^_^
Une bonne année devrait toujours se terminer par une année sans accidents nucléaires, et en ce moment, finalement, ce ne sont pas de si bonnes années que ça. C’est vrai, comment se souhaiter bonne santé en 2009 en sachant que tout peut changer en un instant ?

Alors… Bonne année 2009 ?

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