Les brebis Mérinos enfin au Bief! Voyage à Sisteron (04200).

Sisteron est une belle bourgade, assurément. Le rythme y semble paisible. En tout cas,  il l’était ce 26 mai 2015.
2015 !?!
Nom de Zeus! Encore une faille temporelle!
Il faut s’y habituer sur ce blog, la vraie vie se situe en dehors de l’écran et impose, de fait, un certain cyberdécalage! ;)

Mais, heureusement, les photos me permettent aussi de me souvenir, avec recul, de ce qui s’était passé deux ans auparavant. :)

C’était une belle journée, je m’en souviens bien, et pour cause, la raison de ce relativement long voyage était d’aller chercher nos premières agnelles Mérinos, et de les ramener ici, au Bief. Rien que ça!

4h30 de voyage aller, 4h30 de voyage retour, autant dire que le programme de la journée était tout tracé! :)

Mais ça en valait la peine, regardez plutôt!

Cette venue vient compléter une finalement déjà longue liste de projets, une liste loin d’être finie, certes, car tant de travaux nous attendent encore, mais c’est une sacrée avancée!

Sans compter, qu’après tout, ce sera aussi une nouvelle rencontre d’un autre type, avec une autre espèce, parce que, jusqu’ici, les moutons, je n’avais guère eu l’occasion d’en toucher des vivants1.

Avant toute chose, il me faut trouver une remorque pour le transport de 4 agnelles. Cela n’a l’air de rien, mais pour cette simple question, me voilà face à bien des problématiques! On ne transporte pas les êtres vivants n’importe comment, sans parler de la sécurité de nos voies publiques.

Nous habitons en plein brionnais, ici, point trop de moutons, beaucoup de vaches plutôt. Certes, il y a bien du mouton, mais les propriétaires ont rarement une remorque en suffisamment bon état pour parcourir des centaines de kilomètres sur des voies rapides, ils vont plutôt d’un champ à l’autre, de la bergerie (joli mot pour souvent un simple hangar en parpaing et tôles) à l’abattoir, pour les petits transports.

Mais, à la campagne, dans ces zones dites isolées, existe aussi un réseau incroyable de personnes. D’un premier contact de confiance naît une multitude d’appels et de demandes, qui, aussi incroyable que cela paraisse finit par aboutir chez de totaux inconnus qui, sur une question de confiance, de regards et de poignée de main 2, prêtent leur onéreuse remorque de transport pour ovins. Certes, il y a aussi des intermédiaires de confiance, cela joue grandement! ^_^

Bon, toujours est-il que la première étape était franchie, j’avais ma remorque, je pouvais enfin commencer ce voyage vers une nouvelle aventure, direction, Sisteron!

Mais pourquoi Sisteron ?

Eh bien, tout simplement, parce qu’à Sisteron on trouve des Mérinos! Voilà. ^_^

Il y a, à Sisteron, la plus grande coopérative ovine du quart sud-est de la France (Provence Alpes Cote d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes).

140600 brebis vendues en 2015 par cette seule coopérative, dont 4 au Bief.

4  de sauvées sur 140600, c’est pas mal, non ! ^_^

En voici quelques images

Après ce féerique voyage, arrivée dans l’abri précédemment construit. J’ai pris quelques photos avant de mettre la paille.

Voilà, en ce mois de mai 2015, les brebis Mérinos d’Arles qui viennent de Sisteron sont enfin au Bief!

Elles ont environs 6-7 mois (sur une approximative durée vie de 12-13 ans).

Longue et paisible vie à elles! 3

Oui, comme je l’ai déjà, je crois, expliqué ici, nous ne voulons que des brebis, pas de mâle (dommage, c’est si beau un bélier Mérinos4), car nous ne voulons pas d’agneaux (ni les moutons adultes qu’ils deviendraient), notre terrain n’étant pas extensible et n’ayant pas envie de les tuer ni de les vendre (ils seraient tués de toute façon, pour la plupart, avant la fin). Et nous ne voulons pas leur viande, à ces chères et sensibles brebis, mais les laisser vivre ici afin :

  • Qu’elles puissent entretenir les vergers / pâturages en broutant l’herbe
  • qu’elles entretiennent les vergers en mangeant les fruits tombés au sol (afin de manger les éventuels parasites à l’intérieur et les empêcher ainsi de boucler leur cycle de vie, qui passe par nos arbres fruitiers), ce qui les nourrira de manière plus diversifiée aussi, en plus de les nourrir tout court! ;)

Et puis, comme elles sont là, et que c’est aussi pour cela que nous avons choisi des brebis Mérinos, nous pourrons profiter aussi de leur belle laine !


Lu, par exemple, sur https://www.ethic-laines.com/laine-merinos-arles/

La laine Mérinos d’Arles

La particularité de la laine mérinos d’Arles réside dans le fait que cette race a longtemps été sélectionnée pour produire une laine fine dépourvue de jarre. Le jarre est une fibre grossière qui pousse sur certaines races de mouton. Cette fibre est mélangée à la laine. Elle rend la laine irritante pour la peau. La laine mérinos d’Arles n’en a pas. Ce qui rend cette laine si douce c’est aussi la finesse de ces fibres. C’est la race de mouton qui a la laine la plus fine. Le diamètre moyen se situe aux alentours de 20 microns. La laine Mérinos n’est donc pas irritante et ne gratte pas.


L’idée est donc de récupérer la laine à la tonte, de la trier, de la (faire) laver 5, de la (faire) carder 6, de la teindre (éventuellement), de la filer, de la mettre en pelote pour (enfin) la tricoter, pour (youpi!) la porter avec joie et fierté!

Mais il faut du temps et de l’huile de coude pour tout cela.

Début de cette partie de l’aventure en juin 2016, lors de la première tonte. En attendant, cela n’empêche pas de filer et de faire des pelotes, la laine se trouve aussi ailleurs qu’au Bief! ;)

Certes, nous offrons une vie meilleure à ces brebis sorties du système, mais nous sommes conscients que cette vie reste aussi cantonnée derrière des grillages, sans l’opportunité de donner vie, qui plus est, ce n’est pas rien. Nous tacherons de faire au mieux pour ces brebis et de les aimer pour ce qu’elles sont, des êtres sensibles et aimant, ressentant.

En attendant, elles prennent leur marque sur ces nouvelles terres, sur ces nouveaux pâturages, avec ces nouvelles herbes!

Et avec nous, comme nous avec elles, nous nous découvrons les uns les autres!

Avant de découvrir bientôt les autres brebis que j’irais bientôt chercher, en Corrèze, dans le Limousin.

A suivre… ! ;)

  1. Des cadavres non plus cela dit, sauf de tout petits bouts dans mon assiette il y a longtemps. :)
  2. Et ne croyez pas que cela ne se passe ainsi qu’entre hommes, c’est toujours l’image que l’on a en tête, mâle, virile, franche et fière. Non, ce sont des relations, sur ces instants, simplement humaines, pas genrées. Une relation de respect social, peu importe ce que la personne est ou fait par ailleurs, seule compte ici la transaction qui est en train de se nouer par ces échanges physiques et visuels.
  3. Je dois dire que les choisir dans la coopérative fut un moment étrange, où vous savez que celles que vous allez sélectionner auront la vie sauve, les autres finiront pour la plupart apeurées dans un couloir de la mort. Moment étrange, et nouveau, où l’on a le pouvoir de vie ou de mort. Le tout sur un troupeau mouvant et agité, sentant des prises de décision qui lui échappent.
  4. Ajoutons aussi qu’un bélier Mérinos, c’est un mâle de 100-130 kilos! Avec, comme tant d’autres mâles, hum, ses hormones, ses humeurs et sa potentielle jalousie à certaines périodes de l’année! Et une charge d’un 4×4 de 120kg avec des cornes enroulées, ça fait très mal! Même s’ils peuvent être aussi doux que des moutons savent l’être, paisibles et joueurs herbivores aux moult interactions sociales.
  5. Je reviendrai plus tard (lors de la tonte) sur le pourquoi de ce « faire laver », plutôt que de laver soi-même
  6. Idem que le 5 .

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