Dernier jour avant la vidange 2012. j-1

La vidange d’un tel étang est un évènement de taille ! Pour nos modestes personnes en tout cas. ^_^

Et par-dessus tout, il faut que le poisson survive à tout ce chambardement !

Et au milieu coule… un étang.

C’est un évènement stressant pour les êtres vivants dans l’étang. Il va d’abord se vider petit à petit. Le poisson va rester jusqu’au dernier moment dans l’étang, inquiet de tout ce remue-ménage troublant l’habituelle quiétude des lieux. Au dernier moment, avec l’eau du fond de la baignoire, le poisson, déjà dans une promiscuité angoissante avec ses congénères, ou prédateurs, nés de toute façon dans la même galère, va se retrouver précipité au travers d’un trou de quelques dizaines de cm, passer un premier tunnel d’un mètre environs, traverser le fond d’un puits pour plonger en son milieu dans un trou d’une toute petite trentaine de cm de diamètre (voire plutôt 25cm), passer de suite un premier coude taillé dans la pierre à quasi 90°, et suivre alors l’eau, qui coule rappelons le avec une pression très forte, sur une bonne quinzaine de mètres dans un tunnel passant à 4m sous la digue. Le poisson débouche alors, à la sortie, dans une nasse installée là pour l’occasion et y être pêché une première fois dans une épuisette, mis dans un seau s’il est chanceux et ainsi directement aller dans un bac situé plus haut où il tentera de se remettre de tout cela et de comprendre ce qu’il fait là et ce qui vient de se passer. Et pour les moins chanceux, bien que le mot ne corresponde de toute façon pas à la réalité de leur situation, ils seront mis d’abord dans un bac temporaire, puis pêché une deuxième fois et partiront rejoindre leurs congénères plus haut. Tout ce petit monde devra supporter ensuite, le lendemain, une vidange du bac de stockage, une pêche à l’épuisette, un voyage dans un seau avec d’autres poissons, puis, après une descente à l’échelle, ils sont enfin doucement remis à l’eau, en trempant le seau directement dans l’étang.

Survive qui peut !

Et encore, toute cette cascade d’épreuves , c’est si tout se passe bien, rappelons-nous, ou non, notre première et deuxième vidange.

Il faut donc préparer tout cela soigneusement, ce qui m’est toujours un peu difficile. ;o)

Voilà comment cela se passe ici, au Bief.

La veille de la vidange, tout doit être prêt le soir, pour que la pêche se déroule au mieux le lendemain matin.

Pour commencer, il faut du matériel :

  • Des seaux ! Beaucoup ! Et des larges si possible ! J’ai peu de larges justement (j’ai surtout des seaux de chantier en caoutchouc noir, j’ai laissé ceux avec de la chaux de côté :o) ), et les poissons, les gros surtout, apprécient moyen les transports dans cette ambiance boîte à sardine. Il faudra que j’améliore ce point, les trajets courts n’en sont pas moins inconfortables et stressants.
    Il faut beaucoup de seaux, car, entre le point de sortie ou les bacs temporaires et les bacs définitifs plus haut, cela fait beaucoup de trajets. Pendant ces trajets faits par les membres de l’équipe de transport (oui, oui, chacun son rôle, j’y viendrai plus tard), le poisson, lui, continue de sortir, il faut donc pouvoir continuer à remplir des seaux. Si les seaux viennent à manquer, cela cause des soucis aux poissons qui se retrouvent alors plus nombreux redirigés vers des bacs temporaires situés près du point de sortie. Cela veut donc dire aussi qu’ils devront être repêchés pour aller vers les bacs définitifs, situés plus haut, près de l’étang. Ils auront donc un stress supplémentaire. Or, le stress tue chez les poissons aussi. Il faut donc assez de seaux pour ne pas casser le rythme. Pour nous, une petite douzaine suffit, mais c’est aussi parce qu’il y a assez de volontaires pour l’instant, les seaux tournent vite.
  • Des épuisettes. De vraies épuisettes !!! Pas des épuisettes de supermarché ou de rayonnage de pêche standard. Il faut trouver des épuisettes professionnelles, dédiées aux vidanges d’étang. L’utilisation est alors différente, beaucoup de charges en peu de temps. Il faut du robuste. Je le sais pour en avoir déjà cassé plus d’une. Surtout l’année dernière, mais c’était un peu particulier
    J’ai une adresse pas trop loin pour en trouver, il faut que je prenne le temps cette année d’aller en chercher, car, pour m’en faire prêter chaque année, elles sont vraiment différentes (manche en métal épais, maillons en ferraille, mais très souples, qui respectent le poisson, grandes).
Des épuisettes pour les vidanges d’étang !
  • Des bacs ! Il y a les bacs définitifs, les bacs temporaires, le bac avec l’eau de  réserve. Le nombre doit sûrement varier en fonction des étangs de toute façon.
    J’ai acheté trois grands abreuvoirs de 1100l en plastique (en promo dans un magasin du coin. Ben oui, vous n’avez pas ça, vous, au supermarché d’à côté ? pfff, on trouve jamais rien en ville… ;o) ). Ce sont les trois bacs dans lesquels les poissons vont attendre 24h, le temps qu’on vide un peu la vase et que l’étang se remplisse à nouveau un peu.
Nos piscines d’été…

Je me fait prêter aussi deux petits bacs dont on se sert comme bacs temporaires, près du point de sortie (cf première photo, avec les bacs blancs). Un troisième sera sûrement installé l’année prochaine. Deux faisaient un peu juste aux moments les plus chauds de la pêche.
Le dernier bac est un bac que l’on remplit d’eau, et qui est là au cas où on en aurait besoin, on l’aperçoit en arrière-plan sur la photo ci-dessus. Car une fois l’étang vidé, s’il y a un besoin urgent, ou non, d’eau, ce bac peut nous éviter de sinistres allers-retours. Il n’a encore jamais servi, pour les urgences en tout cas, mais c’est toujours sympa d’avoir de l’eau pour se rincer les mains, ou laver des outils, des tasses ou des verres… hum….

  • Une motopompe est un plus intéressant, car remplir tous ces bacs avec des seaux est tout simplement un pari bien trop aventureux en cette veille de vidange, surtout que les efforts physiques pour mettre tout cela en place et tout préparer ne manquent pas. 1100l quand même, fois trois… plus les autres bacs… brrrrr….
    La motopompe va donc me servir à chaque vidange, je voulais aussi une motopompe qui me permettra de remplir des bacs pour notre futur verger/poulailler/bergerie (je reviendrai sur tout cela cet hiver), qui se situeront plus haut que l’étang, et comme j’ai constaté qu’au Bief, tout prenait toujours des dimensions importantes, on a choisi une motopompe en fonction.
    Mais au fait, c’est quoi une motopompe ??? :o)
    Ben, c’est une pompe qui aspire l’eau, et ses grosses particules caillouteuses (le diamètre dépend des pompes) par un tuyau, et recrache le tout par un autre tuyau. C’est ce qu’utilisent les pompiers quand ils viennent vider les caves, ou les RDC inondés.
    Voici la nôtre. Je la mets en photo ici, car elle est très belle. Si, si…
Oui, oui. On a pris un modèle avec roues… Il faut dire que je suis plus souvent seul pour la manipuler, cela facilite grandement le transport.

Ce que la photo ne dit pas, c’est aussi qu’elle est assez puissante : 1000 litres par minute environ ! Avant que je ne comprenne que, pour simplement remplir des bacs situés à proximité, je pouvais faire cela à puissance réduite, j’étais déjà trempé. car sinon, j’étais comme dans un dessin animé, tentant de maîtriser un tuyau de 75mm de diamètre qui giclait puissamment de l’eau dans tous les sens. Comme un petit chimpanzé tentant de maîtriser la trompe de l’éléphant. Bref, j’étais trempé. Mais confiant quant aux performances de la motopompe pour son usage futur. ;o)

  • Un balai à poil dur. Genre un balai pour l’extérieur. Il sert à balayer la grille de toutes les feuilles mortes, ou de tous les branchages, et autres joyeusetés qui viennent empêcher l’eau de s’écouler correctement à l’endroit où le poisson est pêché.
  • Des pelles. Parce que cela sert toujours. Ici, les pelles servent souvent à ramener la vase de l’intérieur de l’étang vers le sortie, on s’en sert comme d’une pagaie.
  • Des volontaires. Oh oui ! C’est vraiment mieux à plusieurs ! Car la pêche est brève, mais intense. Il faut donc des bras, des grands, des petits, ils sont tous les bienvenus. C’est aussi ce qui rend ce moment toujours assez intense émotionnellement (nos vieux instincts de chasseurs face à l’abondance sûrement, ou la joie de partager une tâche commune dans la bonne humeur et l’attention. Ou la tension, je ne sais plus… En tout cas, merci encore à tous, comme d’hab, nous somme toujours très heureux de voir venir tout ce petit monde, curieux et motivé, sympathique et courageux, volontaire et audacieux, imaginatif et collaboratif. Troisième vidange et troisième aperçu de la gentillesse et de la sympathie des amis et habitants du coin ou non qui viennent nous aider chaque année.

Ainsi, cette année, pour enfin clore cet article et cette journée précédant le jour de pêche, contrairement à l’année passée, j’ai été très vigilant sur le niveau de l’eau.

Il faut en effet commencer à vider l’étang le jour d’avant, pour pouvoir pêcher le lendemain matin. J’ai donc ouvert la bonde de la grande baignoire le samedi matin, avec l’idée de refermer le tout en toute fin d’après-midi. Pour rouvrir  enfin le dimanche matin, tôt, pour que la pêche puisse avoir lieu vers 10h.

Sachant que :

  • l’étang e fait 57 ares – 1 île î sur une profondeur p allant de 0mm à plus de 2m30
  • Que l’eau sortante o- coule à une vitesse v dépassant celle du ragondin r au galop.
  • Qu’un brochet b aura, au prix de sa vie v, empêché pendant 1 minute 34 seconde l’écoulement de l’eau en se blessant mortellement lors du coude c à 90°.
  • Que le temps t mis l’année dernière par la précédente vidange sera le même – la quantité de vase enlevée qve alors + la quantité de vase créée qvc depuis.
  • L’eau o+ chaque instant qui arrive dans l’étang représente une quantité totalement inconnue, que l’on suppose à plus de deux litres par instant i

Alors :

  • A quelle heure h me coucherai-je cette année en cette veille de vidange d’étang ?
  • Quelle est la formule mathématique fm à développer pour prévoir une vidange le lendemain à 10h ?

hein ? alors ?

Qui a dit que le coup du problème d’école de la baignoire qui fuit ça ne servait à rien dans la vraie vie ?

Cela dit, je ne sais pas plus le résoudre dans la vraie vie non plus, les variables y sont bien trop peu négligeables.

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